Situées
à seulement 1 degré de latitude sud de l`Equateur
et 130 km au large des cotes de Sumatra, Siberut, la plus grande
île de l`archipel mentawai , est restée quasiment
coupée du monde jusque dans les années soixante.
Ceci à permit la survie d`une culture exceptionnelle directement
issue du néolithique, la civilisation mentawai. C`est cela
qui constitue tout l`intérêt d`un voyage à
Siberut : partager quelques jours de la vie quotidienne au néolithique.
Il reste environ 800 Mentawais vivant dans la foret et ayant préservé
leur mode de vie ancestral, sur les 35 000 habitants de l`archipel,
colons indonésiens inclus. Ce nombre assez élevé
pour une culture aussi ancienne, permet de croire à la
possibilité de survie des traditions mentawais si une stratégie
d`adaptation au monde moderne était mise en place, permettant
aux mentawais d`évoluer sans perdre leur âme.
Un peu d`histoire
On pense, sans guère de certitudes, que les Mentawai sont
venus de l`île de Nias,il y a quelques millénaires,
et, au delà, peut être de Malaisie. A part les mythes
mentawais eux-mêmes, nous ne disposons que d`informations
très fragmentaires.
Les premières mentions écrites au sujet des Mentawais
que nous ayons conservées sont des lettres de Sir Stamford
Raffles, le grand colonisateur britannique, qui déclare
: ``les Mentawai sont les gens les plus heureux sur terre. Ils
en sont dignes d`admiration.``
Il faut ensuite attendre 1901 pour voir arriver une modeste garnison
hollandaise, qui ne s`aventure guère à l`intérieur
de l`île, laissant les Mentawai à leur bonheur de
vivre ; 1916 pour les premières conversions au protestantisme
( horrifiés par leur erreur, les Mentawai assassinèrent
le missionnaire…) ;1950 pour les premières conversions
au catholicisme et enfin 1970 pour le désastre culturel
induit par la politique du gouvernement indonésien de regrouper
les Mentawai dans des villages ``modernes``, qui étaient
censés leur apporter médecins et instituteurs.
Aujourd’hui, un très fort courant de retour à
la foret anime les Mentawai, qui, ayant goûté aux
charmes du monde ``civilisé`` lui préfèrent
ceux du monde sauvage.
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